• Colombey-les-Deux-Églises

    Colombey est un village rural comme la France en compte des milliers, resté relativement en marge de la modernité, un village emblématique de la France profonde, un village sans histoire, ou plutôt dont l’histoire se confond avec celle de tous ses semblables, du moins jusqu’à l’épopée gaullienne.

    L’origine du nom de Colombey
    « Colombey » est une variante régionale du mot colombier, et apparait au Moyen Âge dans les textes sous la forme latine columbarium ou dégradée en columbeium. De ce colombier qui devait avoir frappé les imaginations, sans doute par sa taille, on ne sait rien, pas même quel était son emplacement.
    La deuxième église distingue la commune des autres Colombey. La deuxième église est en fait sous les yeux du visiteur, adossée au mur du cimetière, mais ne se reconnaît que vue d’avions, grâce à son chevet à trois pans. Ce n’était en fait que la chapelle d’un prieuré dépendant de la puissante abbaye de Cluny, fondé vers 1100 par un sire de Vignory.

    Quelques mots de géographie
    Colombey-les-Deux-Églises se trouve à vol d’oiseau à 200 kilomètres de Paris.
    Le village de Colombey est situé dans la partie est de la couronne géologique qui forme le Bassin parisien, sur le vaste arc de cercle des plateaux calcaires que les géographes nomment le Barrois.
    L’altitude du village est de 360 mètres.
    Au Moyen-Âge, le site fut remarqué pour ses qualités défensives et un château y fut établi par les puissants seigneurs de Vignory. Colombey est situé sur un interfluve séparant la vallée de l’Aube, à l’ouest, de celle de la Blaise, affluent de la Marne, à l’est.
    L’absence de cours d’eau suffisamment pérenne pour installer un moulin à eau, liée à la situation éventée du village en rebord de plateau a déterminé l’implantation, à l’entrée du village et à proximité immédiate de la future Boisserie, de deux moulins à vent qui transformaient en farine le grain des villageois. Ces moulins n’ont disparu qu’au milieu du 19e siècle. Si les paysages de Colombey n’avaient été protégés au titre des sites en 1973, il est probable que les installateurs d’éoliennes y auraient jeté leur dévolu !
    Bien que le territoire de Colombey fut, dès le Moyen Âge, majoritairement consacré aux cultures céréalières, la vigne y occupa une place importante, avec une quarantaine d’hectares lors de l’établissement du cadastre en 1817.
    Ce vignoble, qui produisait des vins de pays sans réputation particulière, alla en régressant jusqu’au début du 20e siècle. Si le visiteur est aujourd’hui étonné de découvrir des enseignes de producteurs de champagne en se promenant dans le village, c’est qu’à la suite de la fusion en 1972 de la commune de Colombey avec ses voisines, et en particulier celle d’Argentolles, située à l’extrémité orientale du vignoble de Bar-sur-Aube, Colombey se trouve être aujourd’hui une des deux seules communes de la Haute-Marne en appellation Champagne.
    La forêt est une autre composante essentielle du territoire de Colombey.

    En résumé, comme l’a si bien décrit le Général de Gaulle dans ses « Mémoires de guerre, le Salut » :
    « Cette partie de la Champagne est toute imprégnée de calme : vastes, frustes et tristes horizons ; bois près, cultures et friches mélancoliques ; relief d’anciennes montagnes très usées et résignées ; villages tranquilles et peu fortunés, dont rien depuis des millénaires, n’a changé l’âme, ni la place ».

    Texte extrait du Parcours du patrimoine, ouvrage publié en partenariat avec le Mémorial Charles de Gaulle et avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles, du Département de la Haute-Marne, et de la Commune de Colombey-les-Deux-Églises.